Différents projets ont été élaborés, mais aucun ne faisant l'unanimité n'a débouché sur une législation. En caricaturant un peu les positions en présence, il y a essentiellement deux tendances : l'une considère que ces professions doivent être des professions de la santé (sans différenciation entre santé somatique et psychique) et, à ce titre, faire partie de l'arrêté 78 qui régit les professions médicales et paramédicales, l'autre pas.
Cet énoncé crée de fait une confusion inexacte et témoigne d’une méconnaissance du contenu de ces professions. En effet constitue l’exercice illégal de la médecine tout ce qui a trait aux pathologies psychiques. Tout le reste de la pratique du psychothérapeute (ce qui ne concerne pas la pathologie) n’est pas de l’exercice illégal de la médecine. Ainsi par exemple, le suivi thérapeutique d’un couple en crise, celui d’une personne qui cherche à mieux cerner le pourquoi de son fonctionnement,… De plus, depuis plus de 20 ans, il existe une jurisprudence qui a acquitté des psychologues poursuivis pour exercice illégal de la médecine et qui fait que ce type de poursuites ne sont plus possibles, même sans cette législation.
La santé mentale est un domaine tout à fait spécifique de la santé. Ses praticiens (psychologues, psychiatres, psychothérapeutes, assistants sociaux, éducateurs spécialisés … ) traitent des personnes en souffrance psychique, prises dans leur environnement social. Celles- ci sont reçues ou consultent pour différents motifs : le stress, un mal être, la difficulté à affronter les situations difficiles de la vie, des chocs de vie, la dépression chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte, les difficultés scolaires, les troubles du langage, l’anxiété, etc…
Le champ de la santé mentale se caractérise par la diversité de ses approches et méthodes d’intervention (psychologie, orthopédagogie, sexologie, psychothérapie, psychiatrie, service social,…). Celle-ci nous semble à préserver car elle permet aux personnes en difficulté de se diriger librement, au fil de leur parcours, vers les méthodes et les personnes qui leur conviennent. Si aucune pratique n’est assimilable à une autre, toutes ont en commun de s’adresser à l’individu (ou au groupe) dans sa singularité.
Le travailleur de la santé mentale et le psychothérapeute en particulier ne cherche pas a priori à supprimer les symptômes mais plutôt à accompagner la personne et à l’aider à rechercher en elle-même, à son rythme, les ressources pour y faire face, y chercher un sens, et retrouver un équilibre.
http://www.plateforme-psysm.be/prparreteroyale.htm